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Architecture balnéaire

Houlgate, fût parmi les premiers sites balnéaires de la côte normande, grâce à la beauté de sa plage de sable fin, entourée de collines. Dès 1851, quelques habitants de Caen vinrent prendre des bains de mer près de Beuzeval, petit village de pêcheurs implanté sur la rive gauche du Drochon, minuscule cours d’eau coupant la ligne des collines dans sa partie occidentale. De rares parisiens venus partager avec eux les bienfaits de l’air marin, louaient des chambres chez l’habitant.

Le développement du chemin de fer mettant la côte à portée de la capitale (six heures de train), la mode des bains de mer connaît alors un essor prodigieux.

Un banquier parisien, Albin Vergniolle, un avocat de Lisieux, Victor Delise, et le député Amédée René, fondent en 1858 une société civile immobilière qui achète tous les terrains proches de la mer, sur la rive droite du Drochon. Jacques Baumier, architecte à Caen, établit un premier plan d’urbanisme s’inscrivant dans le triangle formé par la plage et l’extrémité des collines, dans la partie orientale du site. L’espace, très organisé en bord de mer selon deux lignes parallèles de parcelles étroites, se compose sur les hauteurs de parcelles plus vastes et plus librement découpées.

Baumier construit le Grand Hôtel, l’église et les premières demeures de villégiature : quarante maisons environ sont édifiées en moins de six ans (1859-1865). A peine née, la jeune station est décrite par les premiers guides publiés dès 1865 ; en invitant à sa découverte, ils mettent en évidence le phénomène nouveau de l’architecture de bord de mer comme une curiosité touristique, comparable aux grands monuments.

Simultanément la ville nouvelle se développe autour de deux pôles sur les rives du Drochon : rive gauche, le Hameau de la Mer, près du village primitif ; rive droite, Houlgate dont le nom supplantera définitivement celui de Beuzeval en 1905. Les débuts de Houlgate-Beuzeval (1860-1870) voient le triomphe de l’éclectisme historiciste, aussi bien dans la typologie des constructions que dans leurs styles.

Hôtels particuliers, chalets, villas, cottages, manoirs, châteaux se réfèrent à la suisse, l’Angleterre ou l’Italie ; ils empruntent aux grands courants architecturaux des formules et des éléments gothiques, renaissants ou classiques, qu’ils adaptent avec une totale liberté. 

 

La décennie suivante (1870-1880) est marquée par la construction de grands chalets et de grandes demeures. C’est le moment où se constitue véritablement un style propre à l’architecture de bord de mer, le style balnéaire normand. Il se caractérise par des combinaisons et des juxtapositions de silhouettes diverses pour une même maison, chaque élévation étant indépendante des autres ; par l’importance accordée aux volumes des toitures et à leur composition dynamique ; par une mise en œuvre inhabituelle des matériaux, ou leur emploi systématique : brique polychrome vernissée ou émaillée, employée seule ou en appareil mixte avec du calcaire de Caen ou du silex local ; bois découpé en lambrequins, crêtes faîtières, garde-corps de balcons ; céramique émaillée disposée en frises, panneaux et bas-reliefs.

 

Entre 1880 et 1895, deux cent trente trois nouvelles habitations sont édifiées à Houlgate. Le front de mer acquiert son aspect définitif en 1890 avec la construction des ultimes parcelles encore libres.  Les jardins des maisons de la première ligne sont lotis (actuelle rue Henri Dobert).

De nouveaux quartiers sont construits près de la gare, où l’entrepreneur Brodu et l’architecte Singery ont acquis des terrains. Les versants des collines s’urbanisent. Si au cours de cette période, le style balnéaire s’affirme avec l’emploi généralisé de la brique polychrome, l’autonomie des façades et un dynamisme des silhouettes encore plus accusé, la caractéristique essentielle est l’apparition d’une architecture inspirée des modèles locaux, maisons rustiques, manoirs et fermes du Pays d’Auge où prédominent les pans de bois et les toitures mouvementées : ce style normand se répand avec un vif succès, supplante les pastiches historicistes et devient le modèle dominant, faisant de Houlgate l’un des tous premiers lieux d’expérimentation de l’architecture néo-régionaliste normande.

La dernière grande phase de développement de la cité couvre la période 1895-1914. Houlgate s’agrandit encore et compte cinq cent maisons en 1900. Des quartiers neufs apparaissent, notamment autour de la nouvelle église. Le style néo-normand évolue vers une simplification et perd de son pittoresque. Les compositions géométriques basses et compactes remplacent les audacieuses créations des générations précédentes.

En dépit de campagnes de démolitions (1900, 1945, et au cours des dernières années) Houlgate a conservé un grand nombre de villas. Malgré les transformations intempestives ou les restaurations radicales qui ont dénaturé quelques unes d’entre elles, leur nombre et leur diversité constituent un patrimoine riche et original ; il est le témoin le plus précis du phénomène de l’architecture de villégiature, de sa spécificité, et de son succès sur la côte du Calvados.

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GUIDE TOURISTIQUE 2012Le Guide touristique 2012 est en préparation. Sortie prévue le 2 avril...... patience" !.


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